Je crois que les choses commencent à changer.

Je crois que les choses commencent à changer.
Comme une sorte d'émerveillement tout tiède.
Parce que pendant ces heures j'ai souri "pour de vrai", parce que pendant ces heures il est mort un instant, parce que j'ai joué comme une enfant, parce que c'était l'instant présent et rien d'autre.
Les réveils et les couchers sont moins durs et que les petites choses sont tellement agréables.
Le café de 14 heures. Le tarot. La musique qui s'envolent. "Apéroooo !!!!!".
J'avais oublié tout ça.

Et cette force, que je sens grandir en moi. Intégrité.
Un pilier qui se dresse, raide, dur, inébranlable.
Elle est là sans que je l'espère, elle pousse sans que je l'entende. Surprenante.



Je crois que les choses commencent à changer.
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# Posté le mardi 01 septembre 2009 14:11

Slam - So Long (?) - Ecrit le mardi 30 juin

Slam - So Long (?) - Ecrit le mardi 30 juin
Je suis lasse
Ce n'est pas ce genre de sentiments qui passent.
ça prend la gorge ça parle ça pleut ça pleure, les cheveux épars
C'était plus un abandon qu'un départ.
Je ne vais nulle part, plus devant plus derrière
le présent se resserre
Je suis dans un sas, la tête dans le sac, les pensées en vrac
Je craque.
Craque l'allumette, mais plus d'oxygène, pas de lumière juste une luciole
ça dégringole, laisser filer, ces araignées qui tissent leurs toiles étoilées de silence dans mon plafond
Je descends trop profond, je fane, ce matin le ciel est fade face aux souvenirs effacés
Délavés sous cette pluie diluvienne. Vienne.
Viennent les temps vagues, sur la vaste mer, mère des réflexions indispensables
Pour se sortir la tête du sable, pouvoir refermer les yeux.
A quand les temples heureux ? Ils sont trop peureux et jouent des tours de passe-passe.
Je suis lasse.

# Posté le mercredi 12 août 2009 16:32

8 août - Mostar

Ici, n'importe quand au coin d'une rue, la guerre peut vous sauter à la gorge. Des maisons vides dont les murs gris sont criblés d'impacts de balles; des couches de plâtre ont disparues par endroit, comme une peau arrachée qui laisserait voir la chair. Une immense bâtisse, qui avait dû être magnifique, rappelle à voix basse qu'en temps de guerre plus rien ne compte. Les innombrables et hautes fenêtres de pierre ont été envahies par une végétation sauvages.
Voilà la folie des hommes : détruire, reconstruire, détruire, reconstruire; aussi civilisés qu'un enfant qui brise d'un coup de bras la tour de bois que son père a mis tant de minutes à construire.

Ici, n'importe quand au coin d'une rue, la misère peut vous sauter à la gorge.
Dans ce visage de petite fille à la queue de cheval trop lâche, à qui il manque des dents, qui toque contre la vitre jusqu'à ce que le feu devienne vert.
Dans la posture de cette famille, assise dans la rue devant le seuil d'une porte. La mère, avec un fichu et des vêtements dont on ne distingue pas la forme. Le père, vêtu de noir poussiéreux, baise les joues d'un enfant bouclé d'environ deux ans, et le soutien dans sa marche hésitante et fragile. Leur peau est bronzée, sombre de la saleté incrustée dans leurs pores.
Dans ce petit garçon assis au bord du trottoir, donc les cheveux sont mal coupés, laissant des ronds plus foncés par endroits sur son crâne. Il porte un débardeur qui avait dû être blanc à l'achat, et fait tourner dans ses mains son unique jouet : un rouleau à peinture.
8 août - Mostar

# Posté le lundi 10 août 2009 18:42

Modifié le mercredi 12 août 2009 07:58

07 août - MORTS POUR DUBROVNIK

07 août - MORTS POUR DUBROVNIK
Pero Nenada (1969-1991)


Je regardais ces visages anonymes quand soudain mon regard fut happé par l'un deux. Je ne pouvais détourner les yeux. "Pero Nenada", né en 1969, mort en 1991, à 22 ans. J'essaie d'avaler son image, de la graver en moi, sachant qu'au bout d'une heure tout au plus, ses traits se troubleraient dans ma mémoire.
Ses cheveux ondulés, un peu longs, lui encadrent le visage. Ses yeux marrons (je le supposais) sont plutôt petits, son nez discret. Je m'en veux de ne pas avoir observé précisément sa bouche, juste au dessus de son bouc. Son visage est plutôt rond ou carré (mais ses traits fins) sur lequel on a envie de promener ses mains, ses lèvres. Pas de sourire, juste ce regard profond, envoutant. Ses tâches de rousseurs pouvaient laisser deviner, malgré la photo en noir et blanc, qu'il était roux ou brun_roux.
Un peu comme ce Joslain que j'avais connu, un soir, les yeux perdus dans la foule, et dont je n'avais gardé aucune trace.
Je regardais Pero une dernière fois, avec fascination, puis me retournais et sortais de la pièce, le laissant retrouver sa place sur le mur, un parmi la multitude.
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# Posté le lundi 10 août 2009 04:10

Modifié le mercredi 12 août 2009 07:48

Notre passé est gravé dans notre dos.

Notre passé est gravé dans notre dos.
Après le message que je viens de recevoir, c'est comme si tout ce que je fuyais m'avait soudainement rattrapé. Ce nom vient briser ma carapace nuageuse d'oubli et me serre le ventre. Toute cette époque rejetée par dépit et douleurs accumulées. Après ces blessures pour mon ego, ces déceptions et désillusions, j'aurais voulu que ces visages n'aient plus de noms, qu'ils deviennent flous et perdent leurs épines pointues.
Fuir sans explication, est-ce lâcheté ou courage ?
Lâcheté de ne pas se confronter à l'autre, de ne pas écouter sa défense.
Courage de laisser l'autre déformer la vérité, de vous donner le mauvais rôle au yeux du monde que vous laisser derrière vous. Courage de mettre de côté son amour propre.
Mais on n'est courageux que par nécessité.
Je n'aurais même plus la force de les regarder en face sans me mettre à trembler. Bien sûr, je pourrais toujours afficher un sourire de circonstance, à l'apparence tellement vraie; mais eu fond, plonger mes yeux dans les leurs me donnerait l'envie de m'enfoncer les ongles dans la peau.

Voilà pourquoi je m'appliquais, depuis plusieurs mois, à
disparaître. Disparaître pour qu'eux disparaissent.
Changer de trottoir. Coup d'oeil vigilant. Prendre le bus à un autre arrêt. Descendre quelques marches à pieds pour prendre l'ascenseur un étage plus bas.
Puisqu'il a enfermé en moi la vérité, je ne peux plus que raser les murs, en
silence.

# Posté le lundi 10 août 2009 04:00

Modifié le mercredi 12 août 2009 07:38

5 août.

5 août.
A la veille de mes 17 ans, je me trouvais loin de tout ce qui constitue mon quotidien habituel.
Après ces mois beaucoup trop mouvementés, je goutais à une sorte de calme engourdi et mélancolique. J'avais finis par m'habituer à me réveiller avec encore son visage, apparu dans mes rêves, au fond de mes yeux. Le retour à la réalité ne blessait plus, je me contentais de dérouiller mon engrenage quotidien puis pensais à autre chose. Je me rendrais la plus neutre et inconsistante possible, me rempli
ssant d'images. Il n'était plus qu'une pensée; certes une pensée douloureuse, mais abstraite, sans corps, sans brûlure. Je redoutais le retour, mais comme toute contrariété, je repoussais cette idée d'un soupir. Quand survenait un fléchissement, je prenais à deux mains cette vérité trop dure : nous n'avons plus de retour possible, quoi qu'il arrive. Alors les scénarios douceâtres s'effaçaient devant l'indiscutable, et l'indifférence volontaire reprenait son empire.
J'avais compris que parfoi
s il est moins difficile de souffrir seul que de voir en face de soi l'impuissance des autres à nous soulager.
A la veille de mes 17 ans, je pense aussi à Sucre d'Orge; à la séparation que l'on croit définitive mais malheureusement nécessaire pour pouvoir s'aimer de nouveau mais d'une autre façon.
Comme aujourd'hui, je n'ai plus cette foi, cette certitude, qu'il y aurait un lendemain, peu importent tous les jours qui passent, il suffit de faire semblant jusqu'à ce que l'oubli devienne réalité
.
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# Posté le lundi 10 août 2009 03:50

Modifié le mercredi 12 août 2009 06:53